Un article publié dans Jeune Afrique: Radhi Meddeb: Yes, we can!


Radhi Meddeb: Yes, we can!

Radhi Meddeb, président de COMET Engineering Tunisie et de ses filiales en Algérie et en Libye, vient de publier un article dans lequel il a brossé le parcours des tunisiens après la Révolution Tunisienne tout en revenant sur le lourd héritage des anciens régimes et les défis à relever.

 

Radhi Meddeb, qui est aussi le Président-fondateur de l'association Action et Développement solidaire, avait rendre public, courant novembre 2011, le programme de gouvernement qu’il a concocté avec l’aide d’une cinquantaine d’experts et cadres membres de son association, sous la forme de deux ouvrages (arabe et français) récemment sortis de presse.

 

Nous vous laissons découvrir ce qu’il a publié dans Jeune Afrique, vous n’en serez pas déçus :

 

Tunisie : Yes, we can !

‘’ Depuis le 14 janvier 2011, le parcours, sans retour en arrière possible, des Tunisiensa été remarquable. Les changements survenus sont incommensurables : départ du dictateur et de sa mafia, libéralisation de la vie politique et associative, de la presse, de l'internet, organisation des premières élections libres et transparentes. Autant de réalisations que personne ne se serait jamais risqué à imaginer.

 

Avec une démarche exceptionnellede maturité et de responsabilité, le peuple tunisien s'est révélé patriote, généreux et solidaire, aussi bien avec les plus démunis qu'avec ses frères libyens, malmenés par une guerre longue et meurtrière. Mais les résistances au changement sont multiples et puissantes ; les groupes de pression liés à l'ancien régime refusent de céder de leur pouvoir, les avantages matériels qu'ils en tirent étant substantiels. Un changement effectif et profond ne peut de toute façon s'opérer que dans la durée ; la rupture avec l'ordre passé, ses hommes et ses méthodes n'est pas totalement consommée. Et le peuple tunisien comprend d'ailleurs mal que la justice transitoire n'ait pas encore déterminé ce qui s'est réellement passé à tous les niveaux - politique, économique, juridique et sécuritaire - et fait en sorte que la nouvelle République se dote des institutions et des contre-pouvoirs qui la prémunissent contre de tels égarements. Mais une telle justice transitoire doit d'abord avoir une vocation pédagogique ; elle ne doit en aucun cas consacrer la terreur ou la rancune, et doit permettre à la collectivité de faire son deuil des turpitudes du passé et de construire l'avenir en toute sécurité.

 

L'héritage est lourd en termes de mauvaise gouvernance et de mépris de la dignité humaine et des valeurs universelles, mais les facteurs qui ont déclenché le soulèvement et contraint le dictateur à la fuite ont pour noms chômage, déséquilibre régional, mauvaise redistribution des fruits de la croissance et inadéquation des produits de l'éducation et de la formation aux besoins de la société en capital humain. Ces raisons-là n'ont pas trouvé un début de réponse depuis un an. Le chômage a explosé, l'insécurité est récurrente et l'investissement est en panne. Nous découvrons, à l'occasion de statistiques enfin libérées de l'omerta, la profondeur du désarroi social, de la pauvreté et de l'exclusion.

 

Action et Développement solidaire, une association née au lendemain de la révolution et inspirée par ses objectifs, a cherché dès le départ à identifier les transformations politiques, économiques, sociales et sociétales que la grande majorité de la population réclame avec force. Le modèle de développement qu'elle déroule dans un ouvrage publié récemment - Ensemble, construisons la Tunisie de demain, modernité, solidarité et performance - se veut plus inclusif, plus solidaire et plus performant, en mesure de permettre l'épanouissement de tous les citoyens, sans exception, dans le respect de leurs diversités sociales et culturelles, de refuser toute discrimination et de faire que la Tunisie soit une nation indépendante et prospère qui compte à l'échelle régionale et internationale. Ce programme se décline systématiquement entre le court terme, en réponse aux exigences légitimes des populations, et le long terme, celui des réformes structurelles et multiples que l'ancien régime avait occultées.

 

Le modèle de développementqui permettra à la Tunisie de relever les multiples défis ne peut qu'être social et solidaire. Il devra libérer les énergies, rompre avec les situations de rente, favoriser l'inclusion et la participation de toutes les populations dans la proximité administrative, politique et économique, consacrer les libertés d'entreprise, d'expression, de communication, d'association, de conscience et de culte. La solidarité, dans ses multiples dimensions, sociale, régionale et intergénérationnelle, mais aussi la durabilité, l'ouverture culturelle et économique et la quête de modernité et d'efficacité seront ses moteurs permanents et les garants de sa réussite.

 

Nous sommes capables de mettre en oeuvre ce modèle. La Tunisie a un immense potentiel et des fondamentaux solides. Ses jeunes sont un véritable vivier d'énergies et de compétences. Et son peuple a redoublé de vigilance pour se prémunir contre les dérives de l'enfermement, de la régression, du libéralisme débridé ou de la remise en question de nos acquis sociétaux.

 

Le pessimisme est une humeur, l'optimisme une volonté.’’

 

A.Chennoufi

Source


Source: tunivisions.net

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Posté le mercredi 25 janvier dans Politique



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