Conférence de Copenhague sur le climat: La pression s’accroît sur les pays développés


COPENHAGUE (Reuters) — Au deuxième jour du sommet de Copenhague sur le climat, les pays en développement ont demandé plus d'efforts de la part du monde industrialisé sur les réductions d'émissions.



Plus de 15.000 représentants venus de 192 pays vont tenter au cours des deux semaines de réunions de fixer un nouveau cadre juridique de lutte contre les changements climatiques et les phénomènes qui les accompagnent : désertification, inondations, cyclones mettant en péril des millions de personnes.

"Nous avons pris un bon départ", a estimé hier Yvo de Boer, secrétaire de la convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, invitant les délégués à s’entendre sur les détails techniques du projet d’accord.

Il a cependant souligné que les principaux points d’achoppement, tels que les objectifs de réduction des pays riches et les aides financières à destination des pays pauvres, ne pourraient être vraiment abordés que lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, le 18 décembre. Une centaine de dirigeants mondiaux sont attendus pour l’occasion.

Dessima Williams, représentante de la Grenade et présidente de l’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), a déclaré à Reuters que les objectifs pour l’instant annoncés par les pays industrialisés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre étaient bien trop bas. L’Aosis demande un objectif de baisse de 45% sur la période 1990-2020. "Nous maintenons notre demande de 45%. L’Allemagne est à 40%, l’UE dans son ensemble plus quelques autres pays sont à 30%. C’est le moment de surenchérir, de se montrer ambitieux", a-t-elle souhaité.

 

Réelle avancée américaine ?

 

Washington n’a pour l’instant émis qu’une offre provisoire, qui prévoit 17% de baisse des émissions entre 2005 et 2020, ce qui ne correspond qu’à une baisse de 3% par rapport au niveau de 1990.

Mais l’Agence environnementale américaine (EPA) a annoncé lundi qu’elle considérait désormais l’excès de gaz à effet de serre comme nocif et qu’elle avait l’autorité pour en exiger la diminution avant le vote d’une loi au Congrès.

Cette avancée des la part des Etats-Unis a été saluée avec prudence à Copenhague. "C’est bienvenu, mais ce n’est pas assez de notre point de vue", a commenté Dessima Williams.

Les délégués indiens attendaient également de voir cette décision se traduire par des annonces concrètes.

"Il appartient désormais aux Etats-Unis de montrer comment (cette annonce) se traduira ici dans les négociations en termes d’objectifs, et comment ces objectifs pourront être appliqués", a déclaré Shyam Saran, le représentant de l’Inde.

Yvo de Boer a quant à lui voulu souligner l’élan potentiel que cette décision pouvait donner aux pourparlers. "Je pense que cela va renforcer l’espoir que les Etats-Unis finiront par annoncer un chiffre, et que ce chiffre sera confirmé", a-t-il dit.

La position des Etats-Unis, deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre après la Chine, sera fondamentale pour sortir de l’impasse sur le partage des responsabilités et des efforts entre pays riches et pauvres.

La Chine a insisté sur la nécessité d’aboutir à un accord sur les aides financières et les transferts de technologies "vertes" aux pays pauvres.

"Cette conférence ne peut s’achever comme les précédentes, avec une distribution par les pays développés de chèques vides qui finissent par ne déboucher sur rien", a déclaré le principal négociateur chinois, Xie Zhenhua, cité par l’agence de presse officielle Chine nouvelle.

L’objectif espéré du sommet de Copenhague est la conclusion d’un accord politique sur la réduction des émissions et le financement dès 2010 d’un fonds climatique, que l’ONU espère voir doté d’au moins 10 milliards de dollars par an.

L’objectif initial des négociations, lancées il y a deux ans à Bali sous l’égide de l’ONU, était de forger un traité prolongeant ou remplaçant le Protocole de Kyoto, qui date de 1997, mais un tel résultat semble pour l’instant inaccessible.

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mercredi 09 décembre 2009 dans Monde



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