Iran: Heurts entre policiers et opposants


TEHERAN (Reuters) — Des partisans de l’opposition se sont heurtés hier aux forces de police iraniennes, six mois après la réélection du Président Mahmoud Ahmadinejad, contestée dans la rue par les réformistes.



Les forces de l’ordre ont d’abord fait usage de gaz lacrymogènes puis tiré en l’air pour disperser les manifestants rassemblées dans le centre de Téhéran pour commémorer la mort de trois étudiants tués en 1953 sous le règne du shah.

«J’ai vu au moins dix personnes interpellées et transférées dans des minibus», a dit un témoin.

Samedi, les autorités iraniennes avaient interdit aux journalistes étrangers de couvrir la manifestation et leur avaient enjoint de ne pas quitter leurs bureaux entre le 7 et le 9 décembre.

Selon le site internet réformateur Rah-e Sabz, les autorités ont aussi brouillé le réseau des téléphones mobiles dans le centre de la capitale afin d’empêcher les manifestants de communiquer entre eux et avec la presse.

L’agence officielle de presse iranienne Irna a confirmé que des affrontements avaient opposé la police à des «émeutiers».

De son côté, le site internet Amirkabir, proche du courant réformiste, indique que les forces de l’ordre ont empêché les étudiants de quitter l’enceinte de l’université pour rejoindre d’autres manifestants dans d’autres quartiers de la capitale.

De nombreux sites internet avaient appelé la population à manifester à l’occasion de la «Journée de l’étudiant» pour protester contre la fraude qui a entaché, selon les réformistes, le scrutin présidentiel, et contre la répression qui s’est abattue sur les contestataires.

 

Rubans verts

 

«La police a utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants sur la place Vali-ye Asr. Ils se sont heurtés aux manifestants», a dit un témoin.

Un autre témoin a indiqué que les forces de l’ordre, armées de matraques, s’en sont prises à des opposants scandant des slogans antigouvernementaux sur la place Ferdowsi, dans un autre quartier de la capitale.

Un témoin a rapporté que deux femmes qui manifestaient en faveur de Mirhossein Moussavi, figure de proue de l’opposition, ont été arrêtées. Elles «portaient des rubans verts (la couleur distinctive des partisans de Moussavi, Ndlr) et elles ont été arrêtées devant l’université de Téhéran», a-t-il dit.

La police et les Gardiens de la révolution ont prévenu que tous les rassemblements «illégaux» seraient sévèrement réprimés.

Des heurts s’étaient produits entre forces de l’ordre et partisans de l’opposition le 4 novembre, date du 30e anniversaire de la prise de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran par des étudiants.

Dimanche, Mirhossein Moussavi affirmait sur son site que le mouvement réformiste demeurait actif dans la République islamique malgré les pressions exercées par le pouvoir religieux pour y mettre fin.

Dans une interview au journal Le Monde d’aujourd’hui, Mehdi Karoubi, un religieux réformateur arrivé quatrième du scrutin présidentiel, se dit sceptique quant à la possibilité d’une réconciliation nationale entre conservateurs et réformistes.

«L’option est bonne et raisonnable, les “sages” des deux côtés n’y sont pas opposés. Mais pour y arriver, il faut préparer le terrain», souligne-t-il. «Et, en ce moment, les conditions ne sont pas réunies: certains ne veulent rien lâcher, et tout conserver pour eux».

Mehdi Karoubi reconnait que certains «modérés» parmi les fondamentalistes prêchent l’apaisement mais, dit-il, «ils n’ont pas beaucoup de pouvoir».

Mowjcamp, un autre site réformiste, rapporte que des dizaines d’étudiants ont été arrêtés à Téhéran et dans plusieurs autres villes du pays au cours des derniers jours.

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

Tags: forces, manifestants, l’ordre, police, témoin, réformiste, presse, autre, moussavi, capitale, téhéran, l’opposition, réformistes, partisans, étudiants, internet, tunisie

Posté le mardi 08 décembre 2009 dans Monde



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