Equipe de Tunisie - Aujourd'hui, "investiture" de Faouzi Benzarti: Le début d'une nouvelle histoire


La responsabilité de Benzarti, c'est assurément le jeu de l'équipe de demain. Ça devrait être un jeu offensif, fait d'initiatives et de surpassement. En termes de dépassement de soi, d’efforts et de sacrifices, tout doit y être



Première question : y a-t-il un modèle pour l’équipe de Tunisie? Deuxième question : y a-t-il un système propre à Faouzi Benzarti qui donnera ce matin sa première conférence de presse, non pas en tant que sélectionneur, puisque il le faisait déjà et pas si longtemps que ça au moment où il entraînait l’équipe de Libye, mais en tant que sélectionneur de l’équipe de Tunisie? En 1994, il y était, mais c’était plus une solution de rechange (deux matches), qu’un véritable investissement dans le temps et dans l’espace.

Aujourd’hui, il débarque certainement avec un programme de travail, une nouvelle stratégie et forcément de nouvelles conceptions et approches de jeu. Entre 1994 et 2009, ce n’est point le même contexte, ni les mêmes exigences, bien qu’il reste, lui-même, convaincu que l’on ne fait appel à ses services que lorsque les affaires de la sélection ne sont pas au beau fixe. De 1994 jusqu’à 2009, il n’est plus le même entraîneur, mais il ne peut échapper à une logique d’itinéraire qui l’a justement conduit au sommet, ou presque. Depuis ce temps-là et jusqu’à nos jours, il a certainement évolué, pris de la dimension et surtout passé par des expériences enrichissantes. A tel point qu’il est devenu indiscutablement l’homme de la situation. Plus encore: l’entraîneur que le grand public réclame, voire exige avec autant de conviction que de respect pour tout ce qu’il ne cesse de réaliser et d’obtenir. Dès lors, sa responsabilité est devenue encore plus grande, compte tenu du fait qu’un nouveau style de management s’impose aujourd’hui au sein de l’équipe de Tunisie. Autrement dit, il doit être capable de mettre moins de distance, de chambrer les joueurs, de les dérider en trouvant le discours le plus approprié, et surtout le plus motivant. Il doit être à la fois dur et souple, ferme et ouvert, et s’il n’intègre pas cette notion d’accessibilité, d’écoute ou d’humanisme, ça risque de ne pas fonctionner. D’ailleurs, si son autorité n’est pas accompagnée de crédibilité, de conviction, mais aussi de chaleur, de bonheur à jouer et à travailler ensemble, les joueurs risquent de ne pas suivre.

On le sait bien, et lui plus que nous, la génération d’aujourd’hui n’est pas une génération à laquelle on impose des choses. Elle demande toujours pourquoi, elle conteste naturellement l’autorité, elle n’a pas la même qualité de concentration que ses devancières, ni la même forme d’intérêt au plan professionnel. Depuis de longues années, on ne cesse de croire aux entraîneurs qui font la gueule, qui crient, qui hurlent. C’est devenu un comportement inadéquat avec les "exigences" des temps modernes. Allez demander aux joueurs de jouer pour un entraîneur et d’aller au feu quand celui-ci fait une tête d’enterrement à longueur des matches sur le banc ou dans les entraînements.

Le changement doit passer par toutes les parties prenantes, par davantage de responsabilisation et d’engagement vis-à-vis des performances et des responsabilités partagées.

 

Ça devrait changer...

 

La responsabilité de Benzarti, c’est assurément le jeu de l’équipe de demain. Ça devrait être un jeu offensif fait de surprises, de risques et d’initiatives. Donner et se donner du plaisir, se dépouiller sur un terrain, c’est fortement recommandé. En termes de dépassement de soi, d’efforts et de sacrifices, tout doit y être. Car au haut niveau, il faut l’aptitude, c’est-à-dire la qualité, le talent, mais aussi l’attitude. Dans les différentes versions de la sélection, on ne voyait que très rarement tout cela. La qualité et l’intensité du spectacle en souffraient. Et après, on s’étonne que dans les épreuves continentales, il y a un fossé entre nous et les autres à partir d’un certain seuil.

Comment Benzarti va-t-il désormais former son équipe? Avec quelles priorités ? Selon quelles exigences? C’est à ce niveau-là qu’il faudrait justement penser l’avenir de l’équipe. Va-t-il miser encore une fois, comme n’ont jamais cessé de le faire et de le préconiser la plupart de ses prédécesseurs, sur les professionnels, ou encore, donnera-t-il la chance aux joueurs locaux?

Qu’on se le dise : à quelques rares exceptions, les meilleurs joueurs tunisiens ne jouent pas régulièrement à l’étranger. Ils sont la plupart du temps utilisés en tant que solution de rechange et remplaçant bien assumés. Et ce n’est pas demain que la tendance va s’inverser. En même temps, notre championnat n’est pas aussi modeste qu’on pourrait le croire et il reste en dépit de tout compétitif, attractif et toujours capable de révéler des jeunes talents.

Ça devrait donc bouger du côté de l’équipe de Tunisie, notamment avec l’entraîneur, et certainement l’homme, dont elle a vraiment besoin. Reste que l’avenir de la sélection ne dépend pas seulement de l’arrivée du technicien tant attendu, mais également des conditions et des stratégies de travail qui seraient aussi importantes, voire déterminantes. Des vertus à retrouver. De la révolution, non pas de velours, à engager. Le tout, engager le début d’une nouvelle histoire de l’équipe de Tunisie...

 

Jallel MESTIRI

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 08 décembre 2009 dans Sports



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