Mêmes profils, mêmes vocations


Ni l’EST, ni le CA n’ont essayé d’apporter du nouveau. Ils se sont comportés comme tout le monde s’y attendait !



Que reste-t-il dans les mémoires de ce derby du 5 décembre?  Certainement beaucoup de nervosité et d’émotivité de la part de ceux qui vivent le derby avec leurs instincts, certainement beaucoup de regrets et de «si on avait fait cela  ou si on avait joué ainsi» dans les deux camps. Entre frustration, satisfaction, regrets et  critiques, on  peut se perdre dans l’analyse d’après-match. Un point pour les deux équipes, un derby petit sur le plan technique et  qualité de jeu et une intensité physique dans les duels, c’est tout ce dont on peut être d’accord. L’EST est proclamée championne d’automne mais ne gagne pas deux fois  de suite, le CA doit à Adel Nefzi un point qui maintient ses chances en championnat, ça c’est l’approche comptable. Du côté des Espérantistes, on n’oubliera jamais que Bouazzi a raté le penalty qui aurait pu propulser l’EST. Mais peut-on tout imputer à ce jeune garçon critiqué par tout le monde et coupable, désormais, d’un crime de lèse-majesté? Fermons la parenthèse.

Deux configurations classiques

Ce qui est frappant, c’est que l’EST et le CA n’ont pas fait quoi  que ce soit pour déstabiliser l’adversaire au niveau de la configuration du jeu. On savait que l’EST démarrait toujours bien ses matches, que le CA avait du mal à jouer en première mi-temps. Chose qui s’est concrétisée à la lettre. On savait aussi que l’EST allait baisser de régime en seconde mi-temps et que le CA avait pris l’habitude de réagir et de marquer à la reprise. Encore un scénario réalisé… Qu’a-t-on fait pour changer ses plans et brouiller  ceux de l’adversaire ? Pas grand-chose du côte des deux entraîneurs. Tactiques ? Mieux si en derby, la forme du jour, le gestuel technique, l’issue des duels, sont les facteurs-clefs du succès, la stratégie de jeu reste toujours un critère significatif dans la lecture du match.
L’EST avait misé sur ses atouts classiques : le jeu direct, la transition rapide avec les remises d’Eneramo pour Msakni et Bienvenu, sans essayer de se porter sur les couloirs. Eneramo, certainement moins pesant dans les dix-huit mètres, a énormément pesé sur Souissi et Bach Tobji.
Il a fait un grand travail de sape avant de fléchir vers la fin. Benzarti ne pouvait pas comme le disent certains, faire sortir le Nigérian au début de la seconde période, car il aurait perdu un élément de fixation et de relais pour Msakni, bienvenu et Darragi (un match à côté du sujet!).
Syam Ben Youssef, Korbi, Souissi et Msakni (en dépit d’une fin de match quelconque) ont bien rempli leur contrats. Mais reste à savoir les raisons qui ont fait que l’EST ait été peu percutante tout au long du match. Ses accélérations furent anticipées, le volume du jeu offensif a nettement baissé vu que les milieux offensifs «sang et or» n’ont pas trouvé les espaces, et n’ont pas su gérer le début de la reprise, à l’image de la défense nonchantante. On a vu l’EST faire des calculs et essayer de gérer le temps et l’avance. Et c’était là l’erreur stratégique. Le penalty obtenu enfin de match était le fruit d’un travail individuel de Msakni, c’est ce qu’on appelle le propre du derby qui peut basculer à tout moment.
Au CA, et même si la stratégie de jeu n’était pas la même, aussi bien que les atouts et les faiblesses, on peut avancer qu’il y avait également du bon et du mauvais.

Le savoir-réagir

Contrairement à l’EST, le CA a opté pour son football réfléchi où l’on a essayé de posséder la balle et de chercher coûte que coûte Zouheir Dhaouadi à gauche.
Lechantre a réussi surtout à bloquer une bonne partie des relais et des accélérations de Darragi surtout. L’astuce? Trois milieux à vocation défensive, Alexis (quel la sens de la couverture!), Ben Yahia et Aouadhi. Quand ce trio a trouvé le calme et la concentration, il a réussi à couper beaucoup de balles à l’entrejeu et à couvrir Souissi et Bachtobji. Ce n’était pas le cas au début du match où l’axe clubiste était découvert et confronté aux attaquants «sang et or». C’est là l’élément clef dans la stratégie du jeu clubiste.
A notre avis, le volet attaque était raté. Encore ce jeu en largeur à la recherche des coups francs, encore cette infériorité numérique en attaque. Combien de fois en première mi-temps Akrout était-il obligé de venir à droite et à gauche au milieu de trois joueurs adverse ? La prestation moyenne de Dhaouadi, qui n’a pas trouvé son jeu direct et la qualité de ses dribbles, explique sans aucun doute, la baisse de régime de l’attaque. Ce n’est pas nouveau en tout cas. Avec un Mouihbi qui n’a pas trouvé le meilleur de son bagage, avec un Ben Yahia laissé trop derrière, avec aussi deux latéraux qui n’ont pas été tranchants dans leurs montées, et avec surtout cette incapacité de prendre l’ascendant après le but de Akrout. Lechantre ne pouvait s’attendre à meilleur. Les balles arrêtées étaient un domaine où Ben Yahia était très décevant à l’image de ces corners et coup-francs mal exécutés. Lechantre n’a pas encore trouvé la solution en dépit de ressources abondantes. Adel Nefzi, qui n’est pas très apprécié par le public, sauve le CA d’une défaite pénible à gérer. C’est lui qui préserve les chances de son équipe. Pour le reste, on ne comprend pas pourquoi Aouadhi joue bon gré mal gré. Il a énormément aidé l’EST par ses mauvaises passes et par sa lourdeur dans les déplacements. Meriah, également, a été «sacrifié» à droite, point qui aurait pu coûter cher à Lechantre si Bienvenu et Msakni (et Benzarti aussi) avaient insisté sur ce couloir.
Le CA confirme une chose : c’est une équipe qui excelle dans la réaction en 2e mi-temps. Même quand la forme n’est pas là, les Clubistes ont le mental et les astuces pour renverser la tendance. Le temps additionnel c’est toujours le leur, ils y gagnent, ils y évitent la défaite. Pierre Lechantre ferait bien de regarder à gauche quand il s’assoit sur le banc des remplaçants. Traoré, Hilmi Hmam, Melliti, Sellami, Ifa, Hadhria et Messaidi doivent maintenant être mieux valorisés. Entre le potentiel  offensif et ce qui se fait, il y a tout un monde ! Même chose à l’EST. On ne peut pas toujours miser sur les mêmes plans, sur les mêmes hommes. Quant à ce derby, il est à oublier, il n’aura jamais mérité un 10/20 !

Rafik EL HERGUEM

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le dimanche 06 décembre 2009 dans Sports



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