Plus haut, plus fort, plus loin...


On ne devient pas un «grand» si l’on ne sait pas s'adapter aux grandes circonstances. On le devient encore moins, si l’on ne parvient pas à finir le travail quand l’invitation paraît si évidente. L’affiche, l’enjeu, le style des matches, tout invite à penser à l’exploit. Espérance et Club Africain ne peuvent avoir aujourd’hui une meilleure motivation.




Toutefois et sans tomber dans un jugement excessif, nous osons dire que ces deux équipes ont toujours su positiver leurs états d’âme. Même la souffrance, le doute, ils savent ce que c’est et ce que cela peut entraîner, provoquer même.

On dit souvent que c’est dans les grands moments que se forgent les grands destins. Des équipes comme l’EST et le C.A ne manquent à chaque fois de le rappeler et de révéler tout ce que le football peut receler de mystère et d’imprévu, mais aussi et surtout d’accomplissement et de rayonnement.

Il arrive parfois qu’elles ne soient pas les mêmes, qu’elles perdent de leur spontanéité, qu’elles oublient leurs repères. Elles peuvent être moins belles, mais toujours plus fortes. Ou bien plus belles et encore plus fortes à la fois. Une chose est cependant sûre: elles sont toujours là, partageant les mêmes objectifs et les mêmes défis. Leur vocation est justement celle de la durée, de la constance. Aussi lourde la pression soit-elle, comme celle du derby de cet après-midi, elles sauront toujours garder la noblesse des grandes équipes. Celle qui fera à la fois les vainqueurs d’aujourd’hui et ceux de demain …

 

Au club des merveilles

 

Nous aimons à penser qu’elles iront cette fois, et à l’occasion du derby traditionnel, encore plus loin, encore plus fort dans l’affirmation de leurs intentions et de leurs idées. Nous serons heureux, probablement comme tous les gens du foot, du fait qu’elles sauraient préserver leur vocation et leurs vertus. Deux équipes qu’on aime pour leur histoire et pour leurs mille feux. Deux équipes qui ont un signe très fort. Un signe de fierté pour un football censé prêcher la bonne parole, le beau geste partout où il passe. Passionnant champ d’aventure, de don de soi, de frénésie de jeu, d’instant de folie, il représente tout ce qu’il y a de plus édifiant dans un monde où les priorités de jeu et de comportement ont pris un autre sens, une autre direction.

Chacune de ces deux équipes attend visiblement ce rendez-vous et se prépare pour une éventuelle ligne droite. C’est le genre de situation où l’on compte ses jours, ses heures. Interminables?...Non. Car d’une façon ou d’une autre, aucun élément extérieur ne saurait contrarier la moindre ambition.

Il faut dire que ce dont elles auront aussi besoin dans ce genre d’épreuve, c’est de rester fidèles à leur histoire, de respecter les véritables valeurs du jeu. Mais aussi enchaîner les bons gestes, avoir de la constance. Autant d’expressions qui peuvent aussi être tirées du dictionnaire de…l’humilité! C’est bien le minimum que l’on puisse faire pour un maximum d’ambitions et de potentiels. Une façon bien particulière à des équipes qui ont le mérite de n’avoir jamais sacrifié «la religion» foot!

En dépit de toutes les contraintes que peut imposer un derby, l’EST et le CA ne changeront pas et ne sauront se transformer outre mesure car elles en seront dénaturées. Leur raison d’être, leur vocation s’en ressentiront. Peut-on, pour ainsi dire, les imaginer avec d’autres alternatives, d’autres arguments? Peut-on leur imposer des prérogatives différentes de celles qu’elles avaient pris l’habitude d’assumer et même de valoriser? Ça serait alors comme si on leur enlevait une part de leur vérité, celle que l’on découvre toujours sur le terrain, dans les grands moments et qu’on ne cesse d’apprécier. L’Espérance et le Club Africain n’auraient pas été ce qu’ils sont aujourd’hui s’ils avaient donné un autre sens aux «revendications» qu’elles ne cessent de préconiser et à tout ce qu’ils sont censés accomplir sur un terrain de football. D’autres équipes, avec certainement d’autres priorités, d’autres obligations, commencent tout juste à comprendre ce que ces deux clubs avaient déjà compris depuis longtemps.

Dans les victoires comme dans les défaites, dans l’euphorie comme dans la déception, ils auront toujours cette dimension supérieure qui les met encore en avant et l’on s’aperçoit que tout en se donnant constamment des responsabilités, ils ne font qu’avancer, progresser. Dans leurs différentes épreuves, ils voient, ils vivent à chaque fois de nouvelles aventures. L’âge aidant, ils veulent toujours aller plus loin, se découvrir sur certains autres registres. Une façon de continuer, de s’accomplir à travers de nouveaux objectifs et forcément de nouvelles priorités… Le mythe du derby a su ainsi survivre à toutes les épreuves, à toutes les frustrations que peuvent justement éprouver deux équipes de football dans leurs différents parcours. Mais l’esprit est de toujours. Et la civilisation du football est encore la même. Mythe éternel? Incarnation d’un moment historique? L’Espérance et le Club Africain sont de toujours et de partout…Patience à tous les échelons, ambition à tous les «étages». Passion, vocation, cela fut d’avant et sera d’après. Dans tout ce qu’ils entreprennent, ils donnent de plus en plus l’impression de ne vouloir rien laisser, rien oublier. Pour le meilleur, et parfois aussi pour «le pire». Ils sont toujours poursuivis et renforcés par un esprit débordant de surpassement. C’est surtout une question de mentalité, d’état d’esprit. Quelque chose de typiquement espérantiste et clubiste. Un genre d’implication et d’adhésion inconditionnelle, une forme de partage émotionnelle, une fraîcheur dans l’expression. La puissance de feu, tout le monde peut en avoir. Ici, on s’en sert toutefois plus que les autres. Avouons que le football en a bien profité.

A travers ce que l’EST et le CA laissent entrevoir, dans leurs moments de force ou dans leurs moments de faiblesse, ils devraient avoir quelque part un pouvoir assez particulier de séduction. Dans toute la palette des couleurs, ils renvoient l’image de deux équipes qui en dépit de ce qu’elles peuvent rater, ou même gâcher, sauront toujours se transcender, forcer leur nature, ajouter une dimension à leur valeur, se doter de nouvelles ressources pour gagner et pour s’imposer, mais surtout pour confirmer la notion de l’ouverture et de la créativité à leur football proprement dit.

 

Jallel MESTIRI

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le samedi 05 décembre 2009 dans Sports



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