Ali Ben Néji: " Chasser la peur et le doute "
C'est la devise de l'ancien "sang et or", Ali Ben Néji, pour tout joueur qui veut réussir le derby...
" Plus de cent derbys joués contre les Clubistes. Nous en avons gagné une bonne partie. Nous avons dominé dix années successives et les Clubistes ont dominé ceux des deux dernières années. C’est le temps de retrouver la victoire au derby. Certes, la volonté de vaincre anime toujours nos joueurs mais un derby ça reste incertain avec toute l’ambiance qui l’entoure. Et je ne crois pas que nos anciennes gloires feront pression sur nos joueurs puisque l’équipe a changé depuis notre époque sur plusieurs plans. Une victoire fait toujours vibrer tout le monde. D’ailleurs, le derby de 1994, que nous avons gagné par quatre buts à zéro et qui n’a pas été achevé, restera toujours dans notre mémoire. C’était le derby le plus facile que j’ai jamais disputé et ce n’est pas toujours évident d’avoir un adversaire impuissant.
Aussi, je me rappelle de la finale de la coupe de 1989 que nous avons remportée deux à zéro, deux buts marqués par Tarek Dhieb et Khaled Ben Yahia. C’était un derby très disputé et la victoire après une rencontre difficile à négocier a toujours un goût meilleur quand on le gagne...
Mon pire derby reste le premier de ma carrière. C’était celui du quart de finale de la coupe 83/84. Nous avions pris un but d’avance mais ils ont égalisé dans les dernières minutes de la rencontre. Puis, dans les prolongations, ils ont marqué deux autres buts pour finir le match sur le score de 1 à 3.
Puissance offensive
Dans notre équipe, je dirais qu’il y a plus de rigueur sur le plan offensif. Avant, nos joueurs ont tous une tâche de récupération, question de solidarité, et chaque joueur bataille pour son ballon quel que soit son poste. Maintenant, on est plus organisé et chaque joueur a une tâche précise. Nous avons des joueurs créateurs sur le terrain mais on reste toujours plus appliqués qu’auparavant. L’expérience de Faouzi Benzarti a bien aidé l’équipe à retrouver sa forme et son allure de leader et il faut que nous soyons patients envers de jeunes joueurs comme Msakni et Darragi. L’Espérance d’aujourd’hui est puissante devant et dangereuse quel que soit son adversaire. Le nombre de buts marqués jusque-là en cette phase aller du championnat en est la preuve. Mais il faut être plus imperméable derrière et ne pas laisser les attaquants adverses sortir à plusieurs reprises en tête à tête face à notre gardien, Naouara. Ce dernier a bien sorti de belles prestations lors des dernières rencontres mais le derby, c’est un autre calibre de jeu où ça peut balancer d’un côté ou d’un autre à tout moment. Je préfère que notre équipe n’encaisse pas avant tout et n’oublions pas que le niveau de quelques équipes comme le CSS, le CAB, la JSK, le SRS et Kerkennah était nettement meilleur il y a quelques années. Le foot était plus agressif et les joueurs étaient plus battants.
Après deux années d’affilée de travail avec Benzarti, je pense qu’il est temps de voir un "style de jeu" qui démarque l’Espérance comme c’était le cas à notre époque. Nous avons du potentiel et des talents mais il faut faire disparaître les quelques défaillances qui persistent.
Toujours solidaires
Actuellement, il y a une forte personnalité de l’équipe. Preuve que chaque fois qu’un adversaire prend l’avantage la réaction de notre équipe est là.
Avant, nous étions très solidaires et amis en dehors des terrains et même s’il y avait des différends entre deux joueurs, sur le rectangle, on ne le sentait pas car on jouait tous avec un seul objectif : gagner. La solidarité a toujours été notre devise et elle l’est encore.
Nos joueurs sont altruistes et solidaires comme toujours. L’encadrement y est pour quelque chose. Par contre, je pense que nous étions plus encadrés car les plus anciens nous faisaient profiter de leur expérience et, jeunes, nous étions plus réceptifs. Désormais, on ne trouve pas de capitaine, un " patron " au vrai sens du terme qui gère les situations sur le terrain. Avant, c’était le gardien qui avait ce profil et chacun de nous orientait ses coéquipiers qui étaient devant lui. Maintenant, on n’a pas de "patron" puisque la majorité des joueurs sont assez jeunes. J’espère qu’on en aura un d’ici quelques années.
Autrefois, nous avions des joueurs, comme Tarek Dhieb, qui étaient capables de créer le danger à tout moment. Maintenant, je pense qu’on n’a pas ce type de joueurs qui peuvent seuls changer le cours d’une rencontre et surtout d’un derby. Nous avons des jeunes qui ont des qualités et qui créent constamment le danger ensemble: Bouazzi, Msakni et Darragi. Mais il faut dire que le Club Africain a une défense qui est bien en place derrière. J’espère que nos joueurs seront en forme et qu’ils n’aient pas peur du derby pour qu’ils puissent développer leur jeu habituel.
Ce derby ne doit pas être dominé par les calculs. Nous avons une bonne équipe et un bon entraîneur. Les défaillances, il y en a mais c’est la forme qui en décidera. Pour ce qui est effectif, je souhaite qu’il sera revu à la hausse en quantité et en qualité mais il faut être patient. Nous avons une bonne force d’attaque qui sera face à un bon bloc défensif clubiste...
Respecter le public
Le public se préparait au derby depuis deux mois. C’était un événement pour tous les quartiers de la capitale. Les banderoles abondaient dans les rues et on se préparait pour un "vrai derby". Nous, joueurs, nous nous y préparions pour faire honneur aux couleurs du club et au public . Un public duquel on craignait le mécontentement si on perdait. Chaque joueur préparait son derby seul à sa manière pour être au top de sa forme le jour "J" tout en se concentrant sur le travail physique. Il faut bien manger et dormir tôt pour être prêts sans se concentrer mentalement sur la rencontre pour ne pas entrer dans une sphère de peur et de doute. On ne pense qu’à son rôle sur le terrain. C’est à la fin de la semaine, en entrant en stage, qu’on commence à se concentrer sur la partie... Là, ce sont les détails qui nous viennent à l’esprit et c’est la force de caractère du joueur qui décide de son rendement sur le rectangle vert. Actuellement, les joueurs sont moins constants dans leur rendement et ne font pas leur auto-critique pour éviter de refaire les mêmes fautes. Le derby, c’est un match à part où l’on doit donner tout ce que l’on peut en mettant de côté les calculs individuels et le sort du championnat. Avant, quand on perdait, on pleurait et on restait quelques jours sous l’effet de notre échec. Et en gagnant, nous nous sentons plus forts pour le reste de la saison. Je pense que nos joueurs sont habitués à cette pression des 40 ou 50 mille spectateurs. Le Club Africain n’est pas une équipe facile à dominer et les deux équipes sont en bonne forme. J’espère qu’on assistera à un bon derby sur tous les plans... "
Nizar HAJBI
Source: La Presse
Source: lapresse.tn
Tags: derby, joueurs, avons, équipe, pense, joueur, années, forme, rencontre, reste, public, solidaires, préparait, étions, espère, adversaire, dominé, dernières, victoire, terrain, étaient, tunisie
Laisser un commentaire
Navigation
- Actualités
- Forum
- Lavage à domicile
- Voyage en Tunisie
- Poèmes d'Amour
- Horoscope
- TV en ligne
- Programme TV
- Tunisie Annonces
- La révolution en vidéos
- Télécharger musique
- Heures de prières
- Météo Tunisie
- Cours des devises
- Derniers Tags
- Contact
Actualités Tunisie
- A la une
- Actualités nationales
- Arts
- Autre
- Business
- Cahiers culturels
- Cinéma
- Communiqué
- Conso
- Courses
- Culture
- Culturel
- Décès
- Digital
- Divers
- Dossiers
- Economie
- Editorial
- Entreprises
- Faits de société
- Finance
- Foot
- Handball
- Idées et Débats
- International
- Justice
- Le Monde
- Lectures
- Lettres et Pensée
- Life Style
- Livres
- Maison et jardin
- Media
- Mode et beauté
- Monde
- Musique
- Nouveautes
- Paroles de Jeunes
- People
- Politique
- Proximités
- Ramadan
- Régions
- Save the Date
- Shopping
- Showbiz
- Société
- Sport
- Sports
- Style de Ville
- Technologie
- Tendances
- Tennis
- Théâtre
- Vadrouille
- Vie de couple