Les ex s’en souviennent: Bassem Mehri: «Le derby est une culture»
Les derbys d’autrefois et d’aujourd’hui ne se ressemblent pas. C’est l’avis de l’ex-milieu du terrain clubiste qui pense que les mentalités ont changé
Parlez-lui du derby, et vous n’aurez aucune peine à lui faire vider le sac. Des matches de ce genre, il en a vécu plusieurs avec, bien sûr, les joies et les désillusions. Bassem Mehri, chez qui nous sommes allés en quête de souvenirs, ne s’est pas fait prier pour aborder le sujet : «Dans les années 80, le derby était sincèrement plus consistant qu’aujourd’hui. En ce temps-là, les transferts des joueurs n’existaient pas et les acteurs des deux camps étaient les enfants du CA et de l’EST. Nous étions donc rompus aux derbys dès notre plus jeune âge».
Une belle entrée en matière du milieu du terrain clubiste connu pour son fair-play et ses hautes qualités morales.
Le derby au fait, comment le vivait-il? Et Bassem de reprendre : «Le derby est un match à part où les supporters sont intransigeants. Je me souviens que nos fans nous pardonnaient la défaite, quand nous jouions bien et que nous mouillions le maillot. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le derby a un peu perdu de son caractère».
Quand le charme du derby change de camp
Bassem Mehri pense que les derbys d’autrefois étaient plus intenses, et que les joueurs s’investissaient plus dans les débats. «Je pense aussi que le charme du derby a changé de camp : le spectacle aujourd’hui n’est plus sur le terrain mais sur les gradins où les supporters nous offrent de très belles chorégraphies, ce qui n’était pas le cas, de notre temps. Cependant, il faut reconnaître que nous avons assisté ces dernières années à quelques derbys de qualité».
Autre question qui vient à l’esprit et à laquelle Bassem Mehri répond promptement, celle de savoir comment se prépare le derby : «Le plus important est la préparation psychologique. Qu’on soit premier au classement ou au milieu du tableau, le derby ne se prépare pas de la même façon que les autres matches. Il y a la pression du public qui pèse sur les épaules et qui vous pousse à donner le meilleur de vous-mêmes. Et là le joueur s’adapte à l’ambiance du derby et tient à ne pas manquer le rendez-vous».
Nous allons un peu plus loin avec Bassem en abordant le sujet du trac, incourtonable le jour du derby. «Le trac fait partie du jeu et il faut savoir le vaincre. Généralement, il disparaît lors de la séance d’échauffement et dès les premières touches de balle.
On se sent aussi plus à l’aise en début de match, quand on réussit un contrôle ou une passe à un coéquipier», reprend le milieu du Club Africain.
Superstition, quand tu nous tiens !
Personne n’en doute, les superstitieux existent en football. Bassem le reconnaît d’ailleurs, en affirmant que certains joueurs ont des habitudes auxquelles ils ne veulent pas déroger, comme celle de garder la même chambre d’hôtel à la veille du derby, ou d’enfiler le même survêtement ou des crampons qu’on a jalousement conservés après une victoire dans un derby.
Nous arrivons à la veille du derby. Et Bassem Mehri de reprendre : «Il y a des joueurs qui ne ferment pas les yeux de la nuit. Pourtant, le jour du match, ils seront les meilleurs sur le terrain. Le sommeil peut tourner quelquefois au cauchemar. On s’imagine des scénarios face à l’adversaire et on essaye de mémoriser les consignes de toute une semaine d’entraînement».
Et là, Bassem tient à nous faire un aveu: «Parfois, une préparation trop poussée peut nuire au rendement collectif et individuel, et l’équipe peut passer à côté du sujet».
Dernier point abordé, le pronostic du derby. Là-dessus Bassem est catégorique : «Nul ne peut prédire le résultat d’avance. Demain, le derby s’annonce équilibré. Chaque équipe a ses points forts et ses points faibles. Le plus important au CA est que l’entraîneur sache aligner un onze adéquat avec des joueurs aux postes qu’il faut, sans trop de philosophie. Complémentarité, cohésion et efficacité seront les mots d’ordre. De plus, le coach devra garder un atout ou une carte gagnante en réserve, au cas où les débats ne tourneraient pas en faveur de son équipe».
Skander HADDAD
Source: La Presse
Source: lapresse.tn
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