Le cycle de Doha dépassé par l'évolution de l'économie
GENEVE (Reuters) Le cycle de négociations commerciales dit de Doha, entamé il y a huit ans et toujours pas conclu, est critiqué dans un rapport publié hier qui souligne qu'il ne permet pas de répondre aux nouveaux enjeux, qu'il s'agisse des pannes de marchés ou du réchauffement climatique.
Ce document, rendu public au deuxième jour de la conférence ministérielle de l’OMC organisée à Genève, souligne en outre que les pays pauvres auront peu à gagner d’un pacte de libre-échange mondial qui devait au départ leur permettre de trouver de nouveaux débouchés pour leurs exportations.
"Le commerce international et l’économie ont beaucoup changé depuis 2001", affirme l’Institut de recherche internationale sur la politique alimentaire (Ifpri), évoquant l’émergence de nouvelles puissances économiques telles que le Brésil, l’Inde ou la Chine.
Les mouvements des cours des matières premières et des denrées alimentaires de base n’ont pas été inscrits au programme des négociations de Doha tandis que le changement climatique n’est évoqué qu’à la marge.
Selon les calculs de l’Ifpri, les propositions mises sur la table à Genève auraient un impact dérisoire sur l’état de l’économie mondiale, n’améliorant que de 0,09% par an soit 70 milliards de dollars le revenu mondial réel.
Dans l’ensemble, les exportations mondiales augmenteront de 2%, estime l’institut. Les pays les plus pauvres sont ceux qui ont le plus souffert de la crise financière mondiale et ils bénéficieront peu de l’accord que le directeur de l’OMC souhaite voir conclure en 2010, ajoute l’institut.
"L’accord de Doha a un impact ambivalent sur les pays en développement et n’offre pas assez aux pays les plus pauvres", estime l’Ifpri. "Il doit offrir davantage en termes d’accès au marché et de réduction des frais commerciaux."
Les estimations des économistes sur les effets d’un accord de Doha varient. Pour certains, ils seront négligeables. D’autres les chiffrent à plusieurs centaines de milliards de dollars.
Le calcul exact reste impossible à réaliser tant que rien n’est signé et qu’on ne connaît pas quels biens seront protégés de la concurrence internationale.
Source: La Presse
Source: lapresse.tn
Tags: accord, ifpri, institut, pauvres, économie, tunisie
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