Construction de minarets en Suisse: Levée de boucliers contre le «non» des électeurs suisses


PARIS (AFP) — Vote de la peur et de l'intolérance, décision inquiétante: l'interdiction de construire des minarets en Suisse, adoptée hier par référendum, a suscité hier une levée de boucliers en Europe et dans des pays musulmans qui dénoncent l'"islamophobie" et la "haine" de l'Islam.



Les Européens ont largement déploré le choix des Suisses, qui ont voté à 57,5% l’interdiction des minarets à l’appel de la droite populiste, et ne cachaient pas leur crainte face aux conséquences d’une telle décision.

Résumant un malaise occidental, le ministre français de l’Immigration Eric Besson a déclaré qu’il "ne faudrait pas donner le sentiment de stigmatiser une religion, en l’occurrence l’Islam".

La présidence suédoise de l’UE a jugé "surprenant" de soumettre un tel sujet à référendum. "Les Suisses ont un excellent système de consultation populaire, mais parfois il peut être utilisé d’une mauvaise manière, comme dans ce cas précis", a jugé la ministre suédoise chargée de l’Intégration Nyamko Sabumi.

"Il n’y a pas de problèmes entre les Musulmans et les européens dans l’Union européenne. Les Musulmans sont européens", a assuré la jeune ministre d’origine africaine.

Ce vote traduit la peur d’une islamisation de la société et "cette crainte doit être prise au sérieux", a néanmoins estimé un responsable du parti de la chancelière allemande Angela Merkel, la CDU, Wolfgang Bosbach.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’est déclaré "un peu scandalisé" par un vote expression selon lui "d’intolérance".

Dès dimanche, le grand Mufti d’Egypte, Ali Gomaa, avait dénoncé une "insulte" pour tous les Musulmans. Il leur a cependant demandé de ne pas se sentir provoqués par cette interdiction.

Le secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu s’est dit hier "déçu et préoccupé" par la "recrudescence des incitations anti-islamiques en Europe", appelant lui aussi à des réactions "pacifiques".

En Suisse même, le secrétaire général de la conférence épiscopale, Mgr Felix Gmür, a qualifié ce vote de "coup dur pour la liberté religieuse et l’intégration".

Le Vatican a abondé dans ce sens, évoquant une "entrave (à) la liberté de religion", tout en reconnaissant l’existence d’un "sentiment d’aversion et de peur".

Seuls, jusqu’ici, plusieurs hommes politiques italiens, dont un ministre et un président de région, ainsi que les mouvements d’extrême droite français et autrichiens se sont réjouis du vote suisse.

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

Tags: ministre, musulmans, suisse, français, européens, interdiction, minarets, suisses, tunisie

Posté le mardi 01 décembre 2009 dans Monde



Laisser un commentaire





Les champs marqués d'une * sont requis.
Cliquez ICI pour signaler un commentaire illicite.
Merci.