Colloque scientifique: A l’écoute des participants


«L’école de médecine de Kairouan et sa place dans la médecine arabo-islamique», tel est le thème d’un colloque international organisé, du 17 au 19 novembre, à Kairouan, par l’Isesco et le Centre des études islamiques, avec la collaboration de la Société tunisienne d’histoire de médecine et de pharmacie.



Au total, 5 séances plénières comportant 27 communications présentées par d’éminents professeurs des universités tunisiennes, égyptiennes, italiennes, syriennes, algériennes, irakiennes, marocaines, libyennes et françaises, ont été organisées autour de différents thèmes. Il s’agit surtout de :

— Traduction des œuvres et rayonnement de l’école de Kairouan sur l’Occident musulman et l’Europe.

— Lexique de la médecine et ses produits pharmaceutiques

— Déontologie et éthique

— Histoire de la médecine aux époques aghlabide, fatimide et ziride

— La science des médicaments et leurs emplois en se référant surtout aux œuvres d’Ahmed Ibn El Jazzar et à ses exploits accomplis dans les sciences médicales

— L’assistance aux déshérités physiques durant les premiers siècles de l’Islam

— Essor de la médecine et individuation de la pharmacie durant les périodes aghlabide et fatimide

— L’utilisation des plantes en médecine traditionnelle dans le monde arabe.

 

Rayonnement du patrimoine médical kairouanais

 

Il va sans dire qu’au cours des débats, l’on a beaucoup insisté sur le rayonnement et l’influence du patrimoine médical kairouanais et des médecins qui ont joué un rôle dans la diffusion des connaissances, du VIIIe au XIIe siècle, aussi bien au Maghreb qu’au Machrek, ainsi que leur apport au corpus du savoir en Occident, et ce, à travers les multiples traductions de leurs œuvres vers le latin et vers d’autres langues d’usage à cette époque.

 

La médecine en Tunisie trouve ses relances dans le respect de l’homme

 

Pour le Pr Hamza Essadam, chirurgien orthopédiste et professeur de médecine à la faculté de Médecine de Tunis, la médecine en Tunisie est au top- niveau depuis 25 siècles car elle a comme repère important le respect de l’homme dans son intégrité : «Et partant du principe que la maladie supprime à l’homme sa liberté, donc le fait de pouvoir cultiver cette liberté fait que cette médecine ait pu continuer jusqu’à nos jours à être une médecine efficace.

Au Xe siècle, les malades qui sortaient de l’hôpital de Kairouan recevaient de l’argent afin qu’ils puissent se prendre en charge et être ainsi libres. Si on veut transposer cela à l’époque moderne, on retrouve les caravanes de santé qui vont traiter les malades chez eux et leur évitent ainsi les déplacements et les traitements coûteux. Donc, si on a aujourd’hui une médecine qui est louée sur le plan international, ce n’est pas le fait du hasard. Elle retrouve ses relances dans le respect de l’homme. Et la liberté du médecin ne peut passer que par sa propre recherche pour qu’il soit libre et maître à bord de ses concepts.

En outre, aujourd’hui, nous avons modifié notre concept de la médecine en mettant fin à un suivisme basé sur des théories anciennes. Nous repartons, comme ce fut le cas à Kairouan à l’époque d’Ibn El Jazzar et d’Issaac Ben Omrane, par l’observation et la recherche scientifique. Et je pense que notre pays a les moyens de s’inscrire dans le futur avec toute l’assurance nécessaire, à la condition de continuer sur les principes du respect des sciences, de l’homme et de la nature (sachant que le temple d’Ermion à Gafsa qui remonte à 40 siècles en est le parfait exemple). Respecter la nature, c’est respecter l’homme. Donc, le fait de ne pas dissocier nature et homme fait que c’est une médecine en plein dans la modernité, en plein dans le futur».

 

Des échanges culturels très importants

 

Le Dr Catalano Giovanni, dermatologue à Latina, en Italie, qui a séduit le public avec sa communication intitulée «Constantin l’Africain, un trait d’union entre deux cultures», trouve judicieux le fait de faire la lumière sur l’école de médecine de Kairouan au IXe siècle : «A mon avis, ce colloque a été l’occasion d’un échange de points de vue entre des spécialistes venus de divers horizons, ce qui a permis de rendre hommage aux savants kairouanais. Personnellement, j’ai appris énormément de choses et c’était un enrichissement de ma culture en ce qui concerne l’histoire de la médecine arabe et même de la médecine depuis sa naissance jusqu’à la période actuelle. Dans ma conférence, j’ai refait l’histoire de Constantin l’Africain qui était celui qui a pratiquement porté les connaissances de la médecine arabo-musulmane en Europe, c’est à travers lui que tout s’est fait…»

 

F.Z.

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

Tags: la médecine fatimide, médecine, l’homme, kairouan, respect, liberté, c’est, nature, kairouanais, uvres, rayonnement, siècles, colloque, siècle, tunisie

Posté le lundi 30 novembre 2009 dans Régions



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