Mosaïque: Protégés, dites-vous


La protection des espèces menacées de disparition est inscrite dans le programme  d'action gouvernementale en matière de préservation de la biodiversité.

Cette action se traduit en particulier par l’aménagement d’espaces protégés (réserves et parcs) qui accueillent ces espèces, ainsi que par l’interdiction faite de tout ce qui peut compromettre leur pérennité : chasse, capture, destruction de leur milieu, etc. Grâce à cette politique, bien des espèces en voie d’extinction ont été sauvegardées et se sont même multipliées au point d’essaimer (c’est, en particulier, le cas du cerf de Berbérie) ; d’autres, carrément disparues et pour certaines depuis longtemps, ont été réintroduites et ont repris pied dans leur milieu d’origine (tels l’addax, l’antilope et autre autruche).

A ce niveau, donc, tout est pour le mieux. Reste que le citoyen n’est pas toujours au diapason de cette politique. Et il nous surprend par des comportements qui vont à l’encontre de choix qu’en principe il devrait faire sien tant il est vrai qu’il participe de sa qualité de vie. C’est ainsi que, par exemple, en cette saison même, il nous arrivera plus que souvent de nous voir proposer, sur les bords de routes, l’achat de caméléons suspendus en l’air attaché par leur patte à une baguette. Sur les bord de routes, c’est-à-dire au vu et au su de tout le monde. Or, le caméléon est une espèce protégée! Où sont donc ceux qui sont en charge de protection de ces espèces? Les routes sont un peu loin et il faut y passer au bon moment pour surprendre le flagrant délit? Soit. Mais quid des rapaces qu’on exhibe à Sidi Bou Saïd ou à l’avenue Bourguiba, à Tunis, sans parler de tous les autres endroits où nous ne sommes passés nous-mêmes au bon moment? Et que dire de ce pauvre hère qui, mercredi dernier, proposait un faucon à la vente au marché de Gafsa?

Le respect de la législation sur la protection des espèces menacées d’extinction doit découler autant d’une législation dissuasive que d’une action continue de sensibilisation du public. Il ne viendrait à l’idée de personne d’abattre un cerf de Berbérie, les concernés sachant qu’ils risquent une très forte amende et une peine d’emprisonnement de cinq ans. Un caméléon ou un faucon sont certes moins spectaculaires qu’un cerf; ils n’en font pas moins partie des espèces protégées. Leur traque et leur maltraitance doivent être découragées par la sensibilisation et la sanction.

 

 T.A.

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

Tags: espèces, routes, action, protection, tunisie

Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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