Le thym (ezza'atar) : une arme contre les maux d'hiver


Thym commun, thym des jardins, barigoule, farigoule, ou pote dans la langue française, thymus vulgaris en grec et ezza'atar en arabe, le thym est une plante aussi connue et aussi populaire que le romarin (el klil) ou l'armoise (echih). Et pour cause !



Le thym qui pousse à l’état sauvage, colonise pratiquement tout le bassin méditerranéen où il est d’ailleurs utilisé depuis l’antiquité.

Privilégiant les terrains secs, rocailleux et ensoleillés, il pousse partout en Tunisie avec, toutefois, une préférence pour les régions du Nord-Ouest, le Centre et le Sud-Est. Contrairement à beaucoup d’autres plantes, le thym ne devient visible qu’au moment de la floraison. Jusque-là, le sous-arbrisseau, avec ses racines rameuses et tortueuses, ses tiges ligneuses et ses feuilles petites, ovales et lancéolées, passe inaperçu. Au début du mois de mai, la plante se couvre soudain de fleurs d’un rose légèrement violacé. Les terrains dénudés, rocailleux et secs se transforment ainsi en tapis roses où se bousculent abeilles – et l’on connaît la réputation du miel à base de thym – papillons et insectes de toutes sortes. Mais le moment le plus important se situe en milieu de journée quand le thym, chauffé par le soleil, se met à embaumer ; c’est le moment choisi aussi par les paysans pour le couper car le degré d’humidité de la plante est au seuil zéro. Le savoir-faire en la matière est étonnant : munis de sécateurs, les paysans évitent de faucher la plante et encore moins de l’arracher et préfèrent, au contraire, la couper en l’éclaircissant. De cette manière, la plante se régénère en un temps record et permet une deuxième récolte à la fin du mois de septembre. Une fois récolté, le thym est lié en fagots qui seront suspendus la tête en bas, dans des endroits secs, mais suffisamment aérés. Deux ou trois semaines plus tard, et après abattage, le thym est conservé dans des boîtes hermétiques. Il peut tenir ainsi une année entière sans qu’il ne perde de sa saveur ou de ses huiles.

 

Un usage cinq fois millénaire

 

L’usage de la plante est vieux de quelque 5.000 ans. La légende, qui veut que le thym soit né des larmes de la célèbre Hélène versés pour secourir les guerriers vaillants, aura été précédée, en fait et en région méditerranéenne, par l’utilisation de la plante dans diverses situations : les Egyptiens et les Etrusques, pour embaumer leurs morts ; les Romains et les Grecs, pour attirer la clémence de leurs dieux et savourer leurs plats, et les femmes pour entretenir leur beauté. Depuis, il a gagné en renommée et son utilisation sous forme de compresse, en infusion, fumigation ou gargarisme n’a fait que prendre de l’ampleur. Les herboristes du XVIe siècle lui attribuaient toute une série de vertus et le recommandaient pratiquement à tout bout de champ.

Il faut attendre le XIXe siècle pour que l’on découvre réellement les qualités médicinales du thym. A l’époque, Dr Armand Trousseau, célèbre chercheur en la matière, déclarait que le thym est l’ennemi juré de la toxine. Par la suite, on découvrira que l’huile essentielle de la plante contient 40% de thymol, un puissant antiseptique, voire antibiotique. Aussi, a-t-il été utilisé, en certaine période et au début du XXe siècle, dans certains hôpitaux d’Afrique du Nord comme désinfectant.

D’une façon générale, le thym est préconisé en infusion, dans le traitement des maladies de la sphère respiratoire, telles que la bronchite, le rhume, la grippe et l’asthme. En gargarisme, il serait également efficace dans l’apaisement du mal de gorge, de la gingivite et des aphtes, contribue à combattre la mauvaise haleine et les ulcères buccaux. En compresse, il désinfecte plaies, brûlures et petites blessures. Les Grecs le connaissaient pour son effet stimulant et antispasmodique, ce que la science ne fera que confirmer par la suite.

Paradoxalement, c’est dans les produits cosmétiques que le thym est le moins utilisé. Mis à part son effet tonifiant (son eau resserre les pores de la peau) et revitalisant (en infusion pour le cuir chevelu), on ne lui connaît pas d’autres utilisations.

 

L’ami des légumes d’été

 

Les ménagères, par contre, du sud au nord, d’est en ouest de la Tunisie sont habituées à s’en servir. Car le thym est généreusement utilisé dans la «bçissa» à laquelle il confère un parfum et une saveur inégalables et, au Nord-Ouest, dans la préparation du thé noir. Les femmes l’utilisent aussi pour soigner les petits rhumes et les difficultés respiratoires. Aujourd’hui, il devient un ingrédient quasi incontournable, au même titre que l’ail auquel d’ailleurs il se marie très bien, la coriandre, le carvi, le poivre ou le romarin. Les Tunisiennes, qui sont conquises par la cuisine italienne, l’utilisent dans les pizzas et dans une moindre mesure, dans les pâtes à pain.

C’est toutefois en Europe, en Orient et Extrême-Orient que le thym connaît son plus grand usage culinaire. Au Liban et en Syrie, le thym est indifféremment utilisé comme condiment et entre en composition dans diverses salades, remèdes antitussifs et autres. La cuisine extrême-orientale n’en est que riche. En Europe, c’est un ingrédient indispensable du fameux bouquet garni. «Il s’associe alors au laurier et au persil pour parfumer bouillons et plats mijotés. Il parfume farces de viande, volaille et poissons gras, et enrichit les marinades» (Herbes folles, http://www.marmiton.org). Le thym est l’ami des légumes d’été, tels que la tomate, la courgette et l’aubergine et accompagne à merveille grillades et fromage de chèvre.

 

Fadhila Bergaoui

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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