Le parc zoologique : les crocodiles arrivent !


Contrairement au Parc du Belvédère dont la réalisation a été longtemps préparée à l’avance, la naissance du parc zoologique est presque intervenue par hasard.dans les années 60, de nombreux pays africains accédaient à l’indépendance.




Pour se construire, et bien avant la création de l’Organisation de l’unité africaine(OUA), l’entraide entre les jeunes nations en devenir était importante. Dans l’élan de solidarité général, on se faisait des cadeaux, chacun selon ses moyens. Offrir des animaux sauvages faisait partie de la procédure, surtout qu’à l’époque, l’Afrique noire disposait d’une faune sauvage abondante, extrêmement riche et diversifiée. La Tunisie se vit ainsi offrir des lions, des tigres, des singes et des oiseaux qu’il fallait héberger selon des normes précises. En 1963, un arrêté municipal venait poser les premières mesures en vue de la création du parc zoologique de Tunis. Toutefois, ce n’est qu’en 1966 que ce dernier ouvrira ses portes au public. Situé au cœur du parc du Belvédère, le nouvel espace, qui s’étend sur 13 ha, a eu la chance de «pousser» dans un environnement naturel des plus intéressants : un relief accidenté couvert d’une végétation dense et des arbres dont la taille était déjà impressionnante. Durant de longues années, les locataires, auxquels sont venues s’ajouter de nouvelles acquisitions, ont attiré des millions de visiteurs. Les animaux qui ont tenu la tête d’affiche du zoo, sont les babouins, les ours bruns ou, plus célèbre encore, l’éléphante.

 

Un budget insuffisant

 

Certains diront que l’âge d’or du parc n’aura duré que le temps d’une euphorie. C’est peut-être exagéré, mais, d’année en année, certaines espèces se sont raréfiées. L’éléphante, une attraction des plus populaires, est morte voilà cinq ans sans qu’on ait réussi à la remplacer. Il faut dire que, durant une longue période, le parc a été quasiment livré à l’abandon. Le budget qui lui est alloué (265 millions en 2008) suffit à peine à nourrir et à entretenir les animaux, sans oublier les charges du personnel, environ quatre-vingt-dix personnes, affecté à la gestion du parc. En 2009, le budget est tiré vers le haut, mais l’augmentation destinée à l’achat d’animaux suffit à peine au transport de ces derniers. Le directeur du zoo, le Dr Enneifer, cite à ce propos un exemple édifiant : durant l’année en cours, le zoo a reçu en cadeau un jeune hippopotame. La joie fut de courte durée, car il aurait fallu payer environ 100 millions de millimes pour le transport de l’animal. «La mort dans l’âme, nous avons dû refuser», explique DC Enneifer. Pour acquérir un éléphant, et c’est la préoccupation majeure du moment, il faut se préparer à accuser le coup. D’ores et déjà, les devis ne sont pas encourageants et le dernier en date, 200 millions de millimes pour un éléphant, sans les frais de transport et d’assurance, laisse augurer du pire, surtout que pour la reproduction sur place, il est souhaité d’en acquérir au moins un couple. Côté jardin, et il y en a, le tableau n’est pas si malet les réussites sont nombreuses; des espèces qui refusaient de se reproduire, tels les poneys, les antilopes, les flamants roses et les perroquets, se sont mises à se reproduire depuis cinq ans. La raison? Une transformation de fond en comble de leur environnement doublée d’une alimentation équilibrée et suffisante et d’une hygiène irréprochable.

 

Un trop-plein de lions

 

Chez les babouins, on observe le même phénomène et le zoo s’est enrichi de quelques-unes de leur portée. Quant aux lions, chez lesquels le cannibalisme n’est pas rare, leur nombre a augmenté «à tel point que je suis obligé de n’en exposer que quelques-uns», souligne Dr Enneifer. Le parc dispose uniquement de deux cages d’exposition, pour neuf lions répartis entre mâles et femelles. A ces animaux, il faut ajouter un jeune tigre du Bengale, un hippopotame également jeune et un perroquet«qui parle un peu». La grande curiosité reste cependant les crocodiles dont on attend l’arrivée avec impatience. La frénésie et l’impatience sont à leur comble et s’expliquent aisément si l’on sait que, jamais auparavant, le zoo n’avait abrité des crocodiles. Pour le moment, et en attendant que l’affaire soit conclue, le personnel s’active à préparer l’enclos et le bassin destinés à les abriter, tandis que deux ouvriers sont en cours de formation pour les accueillir.

Par ailleurs, la vie au parc continue à suivre son petit bout de chemin. Trois fois par semaine, une équipe se rend au marché de gros pour s’approvisionner en légumes, fruits, poissons et viande. Car, sept jours sur sept, les otaries, les ours bruns, certains oiseaux et les ratons-laveurs ont besoin de pas moins de10kg de poissons par jour. La viande rouge, qui va essentiellement aux félins, arrive à atteindre 33 tonnes par an. Le menu est varié selon le goût de chacun : des graines de tournesol, des cacahouètes et du maïs en grains pour les singes, des carottes, des pommes de terre, des laitues, du choux vert pour les herbivores, en plus de toutes sortes de fruits.

 

Fadhila BERGAOUI

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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