Stimuler l’industrie culturelle
Oui, trois fois oui, la culture peut être une industrie. Des statistiques publiées voilà quelques années établissaient que les recettes provenant des visites payantes des musées et autres monuments et sites historiques de France ainsi que de leur exploitation à des fins diverses animation, décor pour productions cinématographiques et télévisuelles, etc. avaient été supérieures à celles de l'industrie automobile.
Parions qu’avec la grave crise que traverse cette industrie depuis un peu plus d’un an latendance s’est encore accentuée.
La France dispose, certes, d’un fonds culturel et patrimonial considérableà tous points de vue quilui ouvre une voie royale pour son exploitation "industrielle". Surtout, elle s’est dotée des moyens notamment d’ordre juridique qui autorisent un tel essor.
Tout le monde peut-il suivre le même chemin que la France dans ce domaine? Assurément, dans la mesure où le produit culturel et ludique est, un peu partout dans le monde, devenu un article de consommationde masse. Le tourisme a cessé d’être passif; de plus en plus, il revêt un caractère participatif qui amène le client à vouloir consommer local, et en tout, donc culture comprise,dans son sens le plus large.
Où en sommes-nous dans ce domaine, en Tunisie? Loin, très loin derrière. Hormis quelques rares, louables mais souvent vaines tentatives de mettre à profit le fabuleux capital dont nous disposons en cette matière, la machine peine beaucoup à se mettre en marche. Les obstacles sont trop nombreux sur cette voie, le principal d’entre eux se situant dans les mentalités, un peu celles des entrepreneurs et beaucoup chez les décideurs.
Lorsqu’il s’était mis en tête d’aménager son "musée de la civilisation tunisienne" à Tozeur, le promoteur Abderrazak Chéraït s’était heurté au scepticisme de ses pairs mais, surtout, au refus de l’Administration de l’autoriser à exploiter un domaine qu’elle prétendait réservé à l’Etat!
Certes, depuis, Chéraït a fait des émules. Plusieurs musées privés ont vu le jour un peu partout en Tunisie et, à part quelques ratés, le créneau semble plutôt bien se porter au vu des réalisations en nombre d’entrées (près de 130 mille pour l’un des deux musées privés de Djerba).
Mais le filon des musées n’est pas le seul exploitable en Tunisie. Tant s’en faut. Et si les autres végètent, c’est qu’il y a blocage. Encore une fois dans la mentalité des promoteurs mais aussichez l’Administration. Aussi, l’on ne peut que se réjouir du train de mesures adoptées vendredi dernier en Conseil des ministres sous la présidence du Chef de l’Etat et qui vise à stimuler l’industrie culturelle. En tête de ces mesures, l’élaboration d’une étude stratégique des industries culturelles dont on espère qu’elle mettra fin au hiatus entre le fonctionnement administratif et les exigences du développement du secteur.
Le Vadrouilleur
Source: La Presse
Source: lapresse.tn
Tags: industries culturelles tunisie, industrie, musées, tunisie, france, domaine, tunisie
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