Camille Mifort: Vivre au Kef


Nous avons bien souvent déploré dans ces colonnes l'indigence de la littérature régionale en Tunisie. Mais il faut bien avouer que la ville d'El Kef fait l'objet, depuis quelque temps, d'un intérêt nouveau qui nous a valu jusqu'ici plusieurs publications.



Cet intérêt se justifie, certes, par la richesse de l’histoire et du patrimoine culturel de la ville ; par l’originalité et l’agrément de sa situation. Mais aussi par un je-ne-sais quoi, comme dirait l’autre, qui fait qu’elle a conservé vivace un coin de la mémoire et du coeur de la communauté européenne qui s’y était installée du temps du protectorat français sur la Tunisie. Et, de temps à autre, la nostalgie se fait plus forte que l’oubli et refait surface sous forme d’un écrit : un article, un roman, un album-souvenirs, etc. Rien que du très normal, dira-t-on. Et, si ce n’est pour la Tunisie, des cas semblables se sont produits ailleurs à travers les anciennes possessions coloniales. Mais que penser de ces coups de cœur "tardifs" de résidents étrangers temporaires dans cette ville et qui leur inspirent des œuvres d’une grande originalité?

La bibliothèque d’ El Kef s’est enrichie l’an dernier de ce titre malheureusement passé plus ou moins inaperçu et qui est l’œuvre de Camille Mifort, né en 1962, nous dit sa brève biographie, qui, de surcroît, n’a pas connu la période qu’il fait revivre dans son ouvrage mais qui, après un séjour d’une douzaine d’années dans la ville, a attrapé le "syndrome kéfois" et l’a illustré par ce livre.

Il s’agit, nous prévient-il, d’un livre basé sur des témoignages qui datent de plus de 50 ans. Des témoignages écrits mais aussi illustrés par des photos et, surtout, de reproductions de cartes postales d’époque. A la lumière de ces deux sources, le pérégrin revisite la ville, site par site, rue par rue, édifice par édifice. Il s’attarde auprès de certaines communautés, sur certains événements. Et c’est fou, l’exubérance de la vie, même dans une modeste localité du pays profond, lorsqu’on sait y faire.

Sa matière, l’auteur est allé la chercher auprès des mémoires collectives et individuelles des diverses communautés qui composaient la population de la ville d’alors, ainsi que dans des documents d’archives palpitants de vie.

Un vrai régal

T.A.

 

Camille Mifort, Vivre au Kef (Quand la Tunisie était française), 120 pages 15x21 cm.

MC-Editions. Prix 15 DT

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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