S. Baccouche, Kairouan, 1881-1939: De la résistance armée à la résistance organisée


C'est, décidement, l'année de Kairouan. La capitale culturelle islamique pour l'année en cours est la vedette de toutes sortes d'actions à caractère culturel, en particulier en matière d'édition, et c'est un immense tant mieux. Ce ne sera pas de trop pour rattraper un abyssal retard de la littérature consacrée à nos régions.




Le livre s’ouvre sur une dédicace lourde de sens : A ceux qui sont morts sous les balles de l’Occupation, puis furent exécutés une seconde fois par l’oubli de l’histoire...

L’épisode de l’Occupation et de la résistance à l’occupation a nourri une abondante littérature au cours du demi-siècle passé. Mais alors que certains événements ont été célébrés, disséqués jusque dans leurs moindres détails, d’autres, non moins importants, ont été à peine effleurés, quand ils n’ont pas été purement et simplement occultés. Le présent ouvrage se propose de réparer un oubli parmi bien d’autres.

L’auteur, professeur d’histoire contemporaine à la Faculté des lettres et des sciences humaines de La Manouba, entend, par cette monographie consacrée à une région et durant une période déterminée, contribuer à une meilleure lisibilité, non seulement de la région considérée mais également à l’écriture de l’histoire de tout le pays.

La tranche d’histoire retenue n’est pas fortuite. Elle correspond à deux événements majeurs : l’instauration du protectorat français sur la Tunisie et l’éclatement, le 26 septembre 1939, d’un soulèvement parmi le corps des conscrits tunisiens à la caserne de Kairouan. Entre deux, un processus de confiscation des terres tribales des Jlass qui ont été attribuées aux colons, provoquant parmi la population des actes de résistance armée sévérement réprimés par les troupes françaises. L’insoumission des appelés, elle, donna le signal de l’organisation politique de la résistance à l’occupation. Parallèlement, la société traditionnelle se déstructurait et se recomposait différemment en fonction des nouvelles donnes économiques et politiques.

Dans ses travaux, le chercheur s’est appuyé sur le fond de la Résidence française en Tunisie, les archives du service historique de l’Armée de terre française, des archives nationales tunisiennes, ainsi que diverses autres sources policières ou de recherches scientifiques.

Publié conjointement par la faculté des Lettres et des Sciences humaines de La Manouba et les éditions Sahar, cet ouvrage vient fort opportunément enrichir la bibliothèque kairouannaise qui, ces jours-ci, s’étoffe à vue d’œil. A souhaiter que toutes nos villes, à tour de rôle et sans discontinuer, deviennent des capitales de la culture islamique...ou autre.

 

Samir Baccouche, Kairouan, 1881-1939

256 pages 15X23 cm -Prix : 12 DT -

Editions Faculté des Lettres et des Sciences humaines de La Manouba et Editions Sahar

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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