Jean-Daniel Lorieux: Tunisie encore et toujours


On ne parle que de lui, en ce moment, dans le monde de l’art.
Jean-Daniel Lorieux est passé de l’autre côté de l’objectif et focalise tous les feux de l’actualité : une exposition étonnante qui «met en images» un roman russe, et s’offre pour modèle Isabelle Adjani, «Le Maître et Marguerite» fait courir tout Paris.


Le musée d’art moderne de Moscou accueille une exposition de ses photos d’art, ses photos de guerre, mais aussi, plus étonnant, ses «photos peintes». Car le photographe a décidé de mettre la main, et non plus seulement l’œil, dans son œuvre.
Un livre récemment sorti, «Le voleur d’instants», sera signé à Monaco. Il prépare une exposition rétrospective au Grand Palais.
Cet éternel jeune homme à l’œil incisif, au sourire désarmant qui a toujours quelque chose à raconter, ne s’arrête jamais. Il sera à Cannes pour le festival, participera au fameux gala offert au bénéfice de la lutte contre le sida, célébrera, à Monaco, un vin dont une cuvée porte son nom, et repartira comme il est venu : avec légèreté.
Jean-Daniel Lorieux était à Tunis, cette semaine, où il venait assister à la première Fashion Week.
Tunis où il aime à revenir depuis trente ans, et où il égrène des souvenirs lumineux.
«C’est en Tunisie que j’ai commencé à travailler. C’est là que je venais photographier les plus belles filles du monde pour Vogue, Harpers Bazaar et tous les grands magazines de mode». Il évoque ces années douces, ces années folles, avec une nostalgie amusée.
«La Baie des singes était à l’époque le haut lieu des fêtes les plus débridées. On y rencontrait tout le monde. Hammamet était un refuge élitiste où je retrouvais mes amis, Leïla Menchari qui, la première, m’a fait venir en Tunisie, Jean-Claude Pascal, Alaïa. Puis je suis allé m’installer les pieds dans l’eau à Djerba».
Il y construit une maison, au ras des vagues. Chaque année, il doit déblayer la plage pour entrer chez lui. Puis une deuxième, une troisième pour des amis.
Il n’y avait ni eau ni électricité. Mais la mer était superbe, la plage si belle et les terrasses blanchies à la chaux merveilleusement photogéniques pour ses reportages de mode.
Trente années durant, Jean-Daniel Lorieux braque ses objectifs sur la Tunisie. Ses mannequins superbes s’alanguissent sur les terrasses, posent sur les plages, dans les patios, sous les arcades.
Il travaille pour le tourisme tunisien, et certaines de ses affiches sont devenues de véritables icônes. Il connaît la Tunisie mieux que personne, avec cette connaissance du cœur qui lui donne une magnifique empathie avec le pays.
Il y amène ses enfants, ses amis, ses clients, ses mannequins. Avec tous, il veut partager cette terre.
«Tout le monde est passé dans cette maison de Djerba où on amenait l’eau par camion-citerne. Mes enfants y étaient heureux». La Tunisie, Jean-Daniel Lorieux semble la retrouver là où il se trouve : «A Moscou, la semaine dernière, on m’invite dans un sublime restaurant de poissons et fruits de mer. Je pose des questions sur l’origine des produits. On me présente alors le propriétaire des lieux qui est également le plus gros importateur de poissons en Russie: il est tunisien. Le maître d’hôtel saute à mon cou : il était à la Baie des singes et m’avait reconnu tout de suite. Je repars à Monaco signer mon livre. Ce sera dans un hôtel qui appartient… à un Tunisien. Je suis, décidément, voué à la Tunisie».
La Tunisie où nous aimerions bien voir Jean-Daniel Lorieux exposer les photos qu’il a réalisées en Tunisie. Et peut-être accueillir l’exposition exceptionnelle qu’il présentait récemment à Paris et Moscou. «Le Maître et Marguerite», illustration d’un roman de Boulgakoff, financée par un mécène russe, qui mobilisa quelque  100 personnes, s’offrait Adjani comme star et coûta le budget d’un film.
Ou encore découvrir le Jean-Daniel Lorieux, peintre de photos comme il se définit. Pour cet artiste qui fut le voisin de Picasso — il habita une propriété nommée La Colombe, chemin Picasso à Mougins —, qui fréquenta la Factory AndyWarhol, David Hockney, Dali, il aurait été étonnant de ne pas toucher à la peinture. Il a mis au point une technique de portrait qui à partir de projections de photos, et de travail sur cette trame, lui permet de réaliser une superbe galerie de portraits. Carla Bruni, la reine Nour de Jordanie, Alain Delon ont posé pour lui ainsi que huit cents personnes.
Et parce que désormais tout va très vite dans le domaine de l’art, bien qu’il se définisse comme le dernier des dinosaures, Jean-Daniel Lorieux s’inscrit dans ce mouvement. Et travaille actuellement sur des images mobiles sur écran plasma. Images dont on peut choisir le temps du mouvement. Une technique qu’il est le premier à utiliser et qui fera certainement des émules.
Alya

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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