A. M. Kerrou: Chebbi, sa vie, sa poésie


Nous sommes donc en l'année du centenaire de la naissance de celui que nous considérons tous comme notre plus grand poète national, Chebbi. Sa commémoration revêt donc la dimension d'un événement culturel majeur et, à ce titre, devrait se traduire par une profusion de manifestations à caractère académique, certes, mais aussi en direction du grand public sous forme d'expositions, de spectacles, de déclamations, etc.



A Tozeur, sa ville natale, bien sûr, mais également à Tunis, "mère de toutes les villes" de Tunisie, capitale qui a fourni à Chebbi le ciel dans lequel il a brillé si lumineusement, fût-ce le temps d’un éclair. Force est de reconnaître que, côté célébrations, à Tunis...
Heureusement, l’édition a observé une meilleure tenue et les publications se sont multipliées pour saluer l’événement, dès avant son arrivée. Des ouvrages de toutes sortes ont été édités à cette occasion et nous avons retenu, pour cette fois —car nous reviendrons sur l’événement— celui paru au mois de fevrier dernier aux éditions "Al Hourriya", l’organe du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD).
Ce choix a été dicté par plusieurs considérations. D’abord pour saluer l’initiative de l’organe en langue arabe du RCD de publier un livre mensuel en un volume de qualités techniques ordinaires, certes, mais tout à fait honorables, pour le prix de...1 DT ! Oui, c’est une belle manière de mettre la culture à la portée du grand public.
La deuxième raison est la plume dont émane cet ouvrage. Son auteur n’est autre qu’ Aboulkacem Mohamed Kerrou, éminent homme de letrres, grand critique littéraire et qui a eu l’insigne mérite d’avoir été le premier à consacrer une étude à notre grand poète parue sous ce titre en 1952. La présente réédition a été enrichie d’une nouvelle introduction.
La troisième raison surprendra beaucoup de monde, encore qu’elle en ait chatouillé certains qui ont vu le film de Fadhel Jaziri "Thalathoûn". Faut-il dire Aboulkacem ou Belgacem ? Eh oui ! La question titille bien des gens qui, au fil de leur discours quotidien —c’est-à-dire celui dans lequel s’exprime Monsieur Tout-le-monde— se heurtent tout d’un coup à ce Aboulkacem qui vient, par sa redondance, se mettre en travers de la fluidité du verbe.
Autant pour l’esprit dont il procède que pour la valeur et du sujet et de l’écrit, nous avons retenu ce titre pour sa couverture également. Celle-ci reproduit le portrait du poète à l’âge de 17 ans et porte une dédicace de la main de Chebbi. Et cette dédicace est bien signée Belgacem Chebbi ! C’était du temps de l’authenticité et non de la grandiloquence. Alors, de grâce, ne faisons plus à ce poète de la vie l’offense posthume de l’artifice.

T.A.

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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