Médina de Tunis - Projet de réhabilitation: Une leçon d’art


Est-ce enfin le début d’une remise à neuf de la vieille ville de Tunis ! Depuis quelque temps, en effet, de la place de la Hafsia jusque vers la rue Sidi Ben Arous, une animation particulière agite les rues tortueuses de la Médina.


Des ouvriers juchés sur leurs échafaudages semblent s’acharner sur les vieux murs. Récurés et nettoyés de leur trop plein de couches, ces derniers apparaissent sous un nouveau jour.
Cette animation est en fait de bon augure car  toute la partie centrale de la Médina est concernée par une opération de lifting sans précédent : c’est en effet le projet de mise en valeur du circuit culturel et du circuit touristique de la Médina (La Presse du 06/04/2009). Cette opération qui est menée par l’Association de sauvegarde de la médina (ASM) et les concessionnaires publics et qui est financée en grande partie par la Caisse de protection des zones touristiques, a créé la surprise dans les quartiers du vieux Tunis. On espère qu’elle aura un effet d’entraînement  pour tout le reste de la ville et que le privé aussi bien que la société civile saisissent enfin l’intérêt que peut susciter une ville pareille. Car la Médina n’est pas qu’une juxtaposition de palais et de demeures somptueux, ni de partage de l’espace où cohabitent riches et moins riches, ni encore une juxtaposition de souks qui se déclinent en observant une hiérarchie de rigueur. La Médina s’avère être une leçon d’urbanisme dans lequel s’exercent en parfaite harmonie des architectures absolument différentes.
Ainsi et pour les amoureux de l’art tout court, les travaux de restaurations ont permis de mettre à jour des trésors enfouis à longueur de siècles. C’est une histoire de l’art qu’on est en train de dépoussiérer, s’exclame Zoubeïr Mouhli, architecte urbaniste, chef du projet, qui ajoute que des architectures différentes mais en parfaite harmonie sont ainsi mises au jour. «Nous avons déjà restauré dans la première tranche une façade beaux-arts à la rue Sidi Ibrahim Riahi, une façade art déco à la place du Tribunal et, en face du palais italianisant, une école hébraïque construite par Robert Valenzi en 1910, tout cela au milieu des autres architectures arabo-musulmanes. Il y avait, dit-il, des règles urbaines qui étaient respectées et qui faisaient que ces bâtiments, même de styles différents, pouvaient s’harmoniser entre eux.»
Tous les jours un foisonnement architectonique qui était dissimulé est ainsi révélé au grand jour : la brique pleine archaïque rejaillit ainsi que les doubles encadrements de portes elles-mêmes mises en valeur avec leur deux teinte beiges. «En fait, nous dit Mouhli, nous retrouvons les caractéristiques de la ville de Tunis avec ses murs blancs en des tons de beiges qui sont représentés par la pierre kadhel et la pierre harch, sa gamme de couleurs qui donne le noir au fer forgé, le vert de différentes tonalités pour les portes et fenêtres, le bleu de Prusse, le brun, l’ocre jaune et le gris. Il y avait des règles relatives aux couleurs mais il n’y avait pas une couleur unique», conclut-il.
Une fois retapée, ses façades débarrassées de leur trop-plein de laideur, ses souks consolidés, ses câbles enfouis sous terre et ses ruelles pavées, la Médina retrouvera certainement un peu de ces splendeurs d’antan. Un peu, disons-nous, parce que, et sans la rénovation de ses autres faubourgs, sans la restauration de sa partie sud aussi historique que celle du nord, bien sûr la restauration aura un goût d’inachevé. Alors, attendons pour voir.
F.B.

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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