Retrouvailles pour un xe anniversaire: Parfum de nostalgie
Cela s'est donc passé le week-end des 28 et 29 mars dernier. Quelque 70 vadrouilleurs sont revenus au point de départ de cette aventure singulière qu'est la "vadrouille", entamée il y a dix ans dans le gouvernorat de Kasserine à l'invitation de l'Association de la sauvegarde de la Médina de Thala, alors présidée par notre ami Dr Ali Saïhi, efficacement épaulé par l'antenne de Tunis animée par une poignée d'ardents adhérents.
Dix ans après, comment se dessine le paysage au pied du Chaâmbi ? L’ardeur s’est nettement dissipée, mais Dr Ali Saïhi est toujours là, vaillant, brûlant de la même flamme pour sa région, dans un contexte, hélas, de vacuité quasi totale. Et le "produit" ? C’est le même, ou presque. On ne change évidemment pas le décor naturel ou historique, mais on l’entretient plus ou moins bien. Quant au service, il y a du mieux et du moins bien. Tout cela n’a pas altéré l’émerveillement des participants à l’excursion, dont la plupart venaient pour la première fois à la fois au Club et à la région.
Retour et méditation sur un pèlerinage.
Oui, il y avait soixante-dix participants à cette excursion, des fidèles, mais beaucoup plus de nouveaux, d’âge mûr, comme on dit, mais également des enfants et des jeunes, nationaux et quelques étrangers, tous attirés par les trois stations majeures du circuit : la Table de Jughurta, Haïdra et le Chaâmbi. Accessoirement, les anciens tenaient aussi à célébrer le dixième anniversaire de leur association.
Une participation remarquable, donc, compte tenu de la modestie des moyens promotionnels des organisateurs. Et preuve de crédibilité du Club...et du produit. Oui, cette région du pays exerce sur les Tunisiens et les résidents étrangers un véritable pouvoir d’attraction que nous mesurerons, tout au long de l’excursion, à l’aune de l’émerveillement des visiteurs
Première station : Kalaât Snân, couronnée de la Table de Jughurta. En fait, il y a deux "Galaâ", comme on dit là-bas : celle que l’on rencontre en premier, centre administratif et commerçant qui s’est développé avec les activités minières aujourd’hui éteintes pour cause d’épuisement du gisement de fer attenant à la frontière algérienne ; et celle, perchée un peu plus haut, au surplomb de pentes qui accueillent des vergers et au pied de l’imposant monument naturel que constitue la Table. C’est l’Aïn, où coule en permanence une eau limpide et savoureuse. C’est minuscule, mais autrement plus typé que la précédente.
On accède à la Table par deux circuits. Le plus court, mais aussi le plus abrupt, long d’environ 2,5 à 3 km, contourne le "camembert" rocheux sur son flanc nord. Souffle et aptitudes à l’escalade exigés. Le plus long, mais aussi le moins dur à parcourir, s’étire sur les flancs sud et est sur environ 6 km.
Tout cela est bon pour les marcheurs et ceux qui disposent de véhicules tous terrains. Mais si, venus en bus comme nous et que vous avez quelques problèmes avec l’effort soutenu, il vous faut un autre moyen pour accéder à l’objet de vos désirs, le bus ne pouvant emprunter une piste, qui plus est en très mauvais état. Reste alors à louer les services d’un quelconque moyen de "transport rural". C’est ce que nous fîmes à plus d’une reprise. Cela dépanne et procure quelques rentrées supplémentaires aux prestataires, retombée bienvenue et de toute façon souhaitée de toute activité touristique. Oui, mais voilà : cette année, il n’y a que deux véhicules de ce type en service à Kalaât Snân. L ’un est en panne depuis quelques mois et l’autre en service commandé ! Donc, problème. Il a pu être résolu au bout d’interminables conciliabules, mais...
En dépit de ce contretemps, en dépit du déchaînement du vent, la rencontre avec la Table fut éblouissante. Et la plupart des Vadrouilleurs ont choisi de l’ausculter sous tous les angles en effectuant la plus grande partie du trajet à pied, ce qui a prolongé d’autant la tranche de temps réservée à la Table et a amené les organisateurs à repousser au lendemain la deuxième halte prévue à 35 km plus au sud, sur le site antique d’Ammaedara (Haïdra).
La tombée du jour a coïncidé avec l’arrivée à Kasserine. Le groupe devait être hébergé en deux endroits, distants de 18 km l’un de l’autre. L’hébergement, qui était dix ans en arrière, le principal problème pour le développement de l’activité touristique dans la région, est resté en l’état, ou presque. Certes, la capacité d’hébergement s’est quelque peu améliorée du côté de Sbeïtla, à plus d’une trentaine de km de là, mais à Kasserine-ville, elle n’a pas varié. Encore heureux qu’après la fermeture de l’un ou l’autre bouge qui tient lieu d’hôtel, le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Education physique ait édifié, à l’entrée du parc national du Chaâmbi, un établissement devant servir à l’accueil et l’hébergement de jeunes en stage et de visiteurs de passage. Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas un hôtel. C’est une auberge, mais aménagée en chambres pouvant accueillir jusqu’à 35 personnes dans des lits séparés, deux ou trois personnes par chambre, avec toutes les commodités hôtelières, toilettes et douche dans la chambre comprises. Le service comprend aussi la restauration. C’est tout neuf —à peine 4 mois d’existence—, c’est propre, coquet et ça bénéficie du cadre exceptionnel de la nature au pied du Chaâmbi. Evidemment, ce n’est pas d’un professionnalisme à toute épreuve. En dépit des efforts remarquables déployés par Abdeljawad Nasraoui, le directeur de l’établissement, il reste encore au jeune personnel recruté sur place un bon rodage à effectuer pour se perfectionner. Les Vadrouilleurs, pour leur part, ont été, dans leur écrasante majorité, compréhensifs et même complices, en mettant la main à la pâte pour le service, contribuant ainsi à l’ambiance bon enfant qui a prévalu ce soir-là.
Dîner et soirée animée par une surprenante petite troupe musicale composée pour partie du personnel et à laquelle s’est mêlé un Vadrouilleur virtuose du violon, partage du gâteau d’anniversaire et puis chacun dans son lit.
Le lendemain, la matinée était dédiée au Chaâmbi voisin (voir encadré ci-contre). Et, après déjeuner, direction Haïdra. Station majeure s’il en fût.
On y reviendra la semaine prochaine.
Tahar AYACHI
Source: La Presse
Source: lapresse.tn
Tags: anniversaire parfum, table, chaâmbi, service, autre, région, dépit, hébergement, haïdra, vadrouilleurs, anniversaire, excursion, kasserine, tunisie
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