Recréer nos anciennes épiceries fines


L’épicerie Jazi, donnant sur la place Barcelone, a été dernièrement mise en vente par les héritiers Jazi, décédé il y a quelque temps.
C’est une des rares, peut-être l’unique épicerie fine de Tunisie.
Nous donnons cette nouvelle avec beaucoup d’amertume, car cet établissement date de la «belle époque» tunisoise.




Son ancien propriétaire, F. Pirat, le présentait en 1938 déjà comme étant l’épicerie «la plus vaste et la mieux organisée de Tunis». Elle possédait l’assortiment le plus varié des produits alimentaires les meilleurs.
«Au Bon Caoua» — c’est l’enseigne de ce joyau de la distribution alimentaire— avait des succursales dans les quartiers à dominante européenne de l’époque, ainsi que sur les plages de la banlieue de Tunis.
L’intérieur du pays n’était pas oublié non plus et était desservi par quatre «ambulantes» (lisez épiceries ambulantes).
Il était, selon les sources de l’époque, un établissement huppé ayant pour clientèle de fins connaisseurs et des gourmands de tous bords.
Situé face à la gare de Tunis, sur la rue du Portugal (actuelle Farhat-Hached), tout près de la Compagnie ferroviaire des chemins de fer tunisiens (Sncft), il drainait une clientèle sélecte.
En 1956, l’affaire a été reprise par feu Mohamed Jazi, qui a continué tant bien quel mal à la gérer, mais les temps sont devenus durs. L’amour des bonnes choses s’est un peu perdu et la concurrence est devenue plus vive.
«Au Bon Caoua» a périclité puis est mort lentement, à petit feu.
Si nous rappelons cela, c’est pour dire que «Au Bon Caoua» fait partie de notre patrimoine gastronomique qu’il faudrait conserver à tout prix.
Nous allons prendre la liberté de suggérer à un éventuel repreneur d’en faire un établissement haut de gamme semblable à ce qui existe dans les pays voisins; un Fauchon tunisien, pourquoi pas!
Outre l’épicerie courante, il serait judicieux de proposer des articles de boulangerie traditionnelle, de  charcuterie, locale et importée, de la confiserie typée; nos délicieux poissons de conserve, thon, anchois, poulpe et sardine, ainsi que le poisson fumé, dont nous commençons à maîtriser les techniques.
Un espace pourrait être réservé à nos fromages, traditionnels et usinés, notre savoir-faire sur ce plan ébahit nombre de nos visiteurs étrangers.
Les pâtes fraîches ne devraient pas être oubliées, celles que nous avons héritées des temps passés. Comme celles que nous avons adoptées tout récemment au contact des migrants italiens. Ainsi que toutes les bonnes choses qui ont fait la renommée de notre pays: boutargue, eaux de vie et liqueurs comprises.
Ces produits existent dans beaucoup de grandes surfaces, il est vrai, mais jamais dans un même espace distingué et spécialisé tenu par de vrais «spécialistes» en contact permanent avec des productions qualifiées.
C’est ça qu’il faudrait recréer. Il s’agit surtout de retrouver les goûts perdus et mettre en valeur des produits de qualité afin d’élargir le rayonnement de la Tunisie et attirer les touristes avides de connaître notre gastronomie. Ceux-là sont plus attentifs à nos arts culinaires et sont dépensiers de surcroît.

Abderrazek FEKI

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le mardi 18 août 2009 dans Vadrouille



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