M.A. Habbachi: Les tribus, de leur constitution à leur dislocation


Le titre ci-dessus est une tentative de traduction d’un ouvrage en langue arabe dû à la plume de notre collègue Mohamed Ali Habbachi et paru voilà tout juste trois ans.

Dans ce volume, l’auteur couvre la période allant de 1574 à 1957, période par lui considérée comme celle d’un long processus de profonds changements dans la société tunisienne conduisant à la dissolution de structures qui, jusqu’au début du XVIe siècle, avaient constitué la charpente du pays.
En première partie, l’auteur passe en revue les différentes étapes ayant conduit  à la mise au pas des pouvoirs tribaux : la politique menée par les deys et les beys pour extirper l’irrédentisme tribal, puis la dépossession des tribus de leurs terres et parcours pastoraux par la politique de colonisation agricole après l’établissement du Protectorat français en Tunisie en 1881 et, enfin, la «lutte contre le régionalisme» menée par l’Etat tunisien indépendant à partir de 1957.
Parallèlement, et c’est l’objet de la deuxième partie, l’auteur décrit le lent mouvement de migration des nomades et transhumants vers les villes, en particulier la capitale qui, après être longtemps restée hermétique, s’est ouverte au flux des migrants et l’émergence, dans ce nouveau contexte, d’une identité individuelle en substitution au sentiment d’appartenance tribale.
Les troisième et quatrième parties peuvent être considérées comme des appendices, bien qu’elles constituent presque la moitié de l’ouvrage. Elles ne sont pas moins intéressantes  — précieuses, même — dans la mesure où elles nous ramènent aux origines en retraçant l’histoire des tribus tunisiennes en partant des faits avérés, mais également de la tradition avec ce qu’elle charrie de représentations et de valeurs.
Tout aussi instructif : l’approche coloniale du fait tribal, avec ses tentatives de systématisation qui feraient sourire les scientifiques d’aujourd’hui mais qui donnent la mesure des préjugés et de la suffisance des «civilisateurs». Qu’on en juge par l’intitulé de quelques monographies : anthropométrie des hommes (taille, indice céphalique, déformations céphaliques, morphologie et indice de la face, la coloration des téguments et les apports du continent européen, enfin, l’héritage, c’est-à- dire ce qu’on présume persistant dans ces traits depuis les temps les plus reculés. Idem pour la gent féminine). Et cela pour toutes les tribus et les principales localités tunisiennes.
Toujours dans la deuxième grande partie, la «généalogie» des tribus tunisiennes, c’est-à-dire, en fait, la liste de ces tribus, leurs ramifications et leur implantation géographique par caïdat (l’équivalent administratif de nos gouvernorats) et cheikhat (ou mechijikha, l’équivalent des délégations). Une remarquable compilation indispensable au chercheur et très utile au commun des curieux.
Enfin, une carte de la répartition de l’implantation tribale à travers la Tunisie en 1881 restitue un paysage auquel renvoient aussi bien les écrits (historiques, ethnographiques, sociologiques…) que la mémoire collective. D’où son utilité pour le plus grand nombre.
Malgré la persistance, par endroits, d’un fort sentiment d’appartenance tribale (des études sociologiques démontreraient facilement qu’il correspond, ce sentiment, à des situations socioéconomiques précises), il est évident, aujourd’hui, que le fait tribal n’a plus aucune incidence ni sur l’organisation ni sur le fonctionnement de la société tunisienne. Par endroits, il s’est carrément dissous dans des réalités socioéconomiques nouvelles dues à des brassages et des croisements d’intérêts inextricables pour autoriser un quelconque particularisme tribal de surnager. Pour autant, est-il judicieux d’occulter le passé tribal au risque de brouiller  la lecture du patrimoine (histoire, gestes, pratiques culturelles ou ludiques, etc.)? Songeons seulement à un domaine : l’équitation, en voie d’extinction, il est vrai, mais au grand dam du patrimoine culturel et de l’animation touristique. Les Z’lass ne paradaient pas comme les Fréchich et ceux-ci différaient des H’mâmma. Ils se distinguaient également par leurs coiffures et leurs tenues. Et il en va de même pour bien d’autres traits qui, de nos jours, devraient constituer une richesse pour toute la nation.
T.A.
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Mohamed Ali Habbachi
Les tribus, des origines à la dislocation (en arabe)
332 pages 15x23
Prix : 12 DT
Edité à compte d’auteur.

Source: La Presse


Source: lapresse.tn

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Posté le dimanche 16 août 2009 dans Vadrouille



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